Ici sont les dragons, 2019, Publication

Catalogue, 160p, Nouvelles éditions Scala, Paris

 

Préface : Faites ce qu’il faut : pensez différemment, le futur est maintenant !, Valentina Peri

 

Quatrième de couverture :
« La mythologique locution latine (Hic sunt dracones, « Ici sont les dragons ») censée avoir orné les cartes du moyen-âge jusqu’au XVIème siècle (mais qui n’a jamais paru sur aucune à proprement parler), représente un moment historique, celui quand les terres inconnues laissaient libre d’imaginer monstres lointains et créatures chimériques. Paradoxalement, si la totalité des surfaces émergées de la terre est aujourd’hui connue et cartographiée, les espaces ouverts par les réseaux de production, et ceux de sa diffusion mondiale, se parent d’opacité et semblent se dérober à l’observation. De même en est-il de la production de vérités et d’ambiguïtés véhiculées par les modèles du capitalisme mondialisé, mythifiés et banalisés par le langage quotidien.

Les trois expositions du cycle Ici sont les dragons se proposent, par l’entremise des oeuvres, d’explorer les mythes d’aujourd’hui.»

Hic Sunt Dracones - Here are dragons, 2017, Publication

In Alpha Plus, Anthology of digital art, Kamilia Kard (dir.),

Editorial Vortex, Chili, ES-EN

 

EXTRAIT
«Hic sunt dracones - Ici sont les dragons - est une locution latine réputée avoir orné les cartes et planisphères du moyen-âge, puis des XVème et XVIème siècles, décrivant là les lointaines régions mystérieuses et inexplorées, où chimères et monstres inconnus, phénomènes inexplicables et merveilleux auraient loisir d’exister. Dans les faits, la formule n’apparaît qu’en une seule occurrence, sur le globe en cuivre de Hunt-Lenox, dont la datation est estimée à 1510, et d’origine indéterminée.
[...]
Si l’existence même de cette locution relève donc largement du fantasme, sa fréquente apparition dans la culture moderne (maisons d’éditions, albums de musique, films,...) révèle notre besoin de fantasme : peu importe que Hic sunt dracones n’apparaît sur aucune carte à proprement parlé, tant que la phrase existe et perpétue notre désir de terra incognita.
[...]
Si les grandes explorations, la cartographie moderne et les sociétés de géographies ont fait progressivement disparaître les terra incognita depuis les années 1830, l’accélération des moyens de communication, induisant une contraction de l’espace-temps, ont suscité le besoin chez les artistes de se saisir du numérique pour réenclencher le fantasme en créant de nouveaux espace-temps, inexplorés, où projeter un imaginaire renouvelé et provoquer une infinité de possibles. Les jeux-vidéo, Internet et la réalité virtuelle autorisent même, au-delà de concevoir ces nouveaux mondes, d’en faire une expérience totale, de les habiter, d’en tenter l’exploration, puis la cartographie, sans pour autant pouvoir les connaître dans leur entièreté. Au sein-même de certains codes sources, les programmeurs informatiques peuvent faire précéder les passages les plus hasardeux, compliqués et incompris, afin d’avertir de la prudence qu’ils doivent provoquer, de la formule consacrée : Hic sunt dracones.»

Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard, 2016, Publication

Catalogue, 156p, Nouvelles éditions Scala, Paris

 

Préface : La lettre volée, Thierry Fournier

 

Quatrième de couverture :
«Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard, dont le titre est tiré d’un texte de l’auteur de Science-Fiction Philip K. Dick, est un cycle de trois expositions, développé lors d’une année de résidence de commissariat à la Maison Populaire de Montreuil, en 2016.
Constitué de trois volets, il interroge notre relation au monde, sa conception, sa perception, et le rôle qu’on se prête à y jouer.
La première exposition, « Simulacres », s’enquiert de notre appréhension du réel et de la réinterprétation que nous faisons de celui-ci, comme une réabstraction du monde. La seconde, « Relativités », investit la perception de l’espace et ses ricochets sur notre perception du temps, physique d’une part, psychologique de l’autre. L’ultime volet, « Entropies », sonde les effets du temps sur le déploiement de l’espace, leurs manifestations et leurs conséquences.
Les accompagnant et prolongeant leurs réflexions, trois tables rondes, modérées par l’artiste et commissaire d’exposition Thierry Fournier, ont été organisées durant le cycle, avec les interventions critiques de Marion Zillio, Emil J. Sennewald et Ingrid Luquet-Gad, ainsi qu’une série de performances et de rencontres.
Enfin, le cycle a donné lieu à la publication du présent catalogue, préfacé par Thierry Fournier.»