Ici sont les dragons

Résidence curatoriale à la Maison Populaire de Montreuil,

de janvier à décembre 2019

Un projet artistique présenté par Marie Koch et Vladimir Demoule.

Artistes présentés

Pierre-Laurent Cassière, Eva Chettle, Maxime Damecour, David Delruelle, Alix Desaubliaux, Magali Desbazeille, Félicie d’Estienne d’Orves, Côme Di Meglio & Eliott Paquet, Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand, Harun Farocki, Malachi Farrell, Irene Fenara, Coleen Flaherty & Matteo Bittanti, Joe Hamil- ton, Nandita Kumar, Pierre-Jean Lebassacq, Matthias Pasquet, Émilie Pitoiset, Floriane Pochon & Alain Damasio, Daniel Spoerri, Édouard Suffrin, The LP Company, Flavien Théry, Thomas Tronel-Gauthier, Davey Wreden, Miao Xiaochun

Le cycle

Le cycle de recherche « Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard » est une réponse à l’appel à projet de résidence curatoriale de la Maison populaire autour de la thématique : « Espace-Temps : intuition, étonnement, connaissance » initiée par Annie Agopian.

Il a vocation à interroger - au regard du traitement particulier de ces questions par des artistes d’aujourd’hui - le déploiement de l’espace-temps et la perception que nous avons de celui-ci à travers trois expositions et un catalogue, sous la forme d’une démarche scientifique dite « hypothético-déductive », c’est-à-dire « observation-hypothèse-expérience ».

 

Écrit en 1978, dans les dernières années de la vie de son auteur, et présenté comme un discours – vraisemblablement jamais prononcé –, «How to build a universe that doesn’t fall apart two days later » hésite entre fiction et réalité, alternant fragments autobiographiques délirants et épisodes ésotériques, faisant preuve d’une vive lucidité, d’un mysticisme ou, d’une dose de paranoïa et d’un sens de l’esprit certain.

À la fois militant et progressiste, le texte précise les domaines de spéculation qui ont traversé la vie de Dick («Qu’est-ce que la réalité?», «Qu’est-ce qui constitue un être humain authentique ? ») et enjoint de ne pas les déserter ; parce que renoncer à l’examen de la réalité – qu’il passe pour daté, insoluble voire adolescent – c’est l’abandonner à d’autres et, en tout état de cause, se l’aliéner.

Pour Philip K. Dick, l’acte même de reposer inlassablement la question du réel, c’est, à défaut de se l’approprier, à tout le moins ne pas le livrer à l’adversaire, dans une Amérique qui se relève du maccarthysme et de la guerre du Vietnam, quatre ans après la démission de Richard Nixon. Cet adversaire-là, nous dit Dick, ne cessera jamais de penser et de construire le réel à votre place quand vous n’y prendrez plus garde.

Le cycle de trois expositions Comment bâtir un univers qui ne s’e ondre pas deux jours plus tard - développé au cours d’une résidence de commissariat d’un an à la Maison Populaire de Montreuil - n’en est pas une adaptation (ni la traduction littérale, au demeurant). Le texte original ne nous a servi ni de guide, ni de patron. Ses thématiques et son approche nous ont certes inspiré, mais c’est son ambiguïté qui nous a séduit. Le positionnement techno-critique de Philip K. Dick nous a quant à lui convaincu. Et, comme il le fait au début de son « discours », débattre avec Norman Spinrad de la montée du fascisme dans les tasses tournantes de Disneyland nous a e ectivement semblé être le meilleur point de départ pour interroger le réel, l’Univers, et le reste.

En choisissant Philip K. Dick, nous choisissions la science-fiction, peut-être l’approche la plus intéressante du continuum spatio-temporel. C’est que le genre, naguère volontiers qualifié de sous-genre, présente l’avantage de placer les idées sur le même plan que les personnages, et exige de la rigueur dans les spéculations.

Les énigmes de l’espace et du temps ne sont plus seulement le territoire des physiciens et des mathématiciens. Les mutations d’Internet, des jeux vidéo et de la recherche ont semé dans l’imaginaire collectif la possibilité d’univers parallèles, impalpables, modifiables et inexplorés dans lesquels les «Lois de la Nature» sont différentes des nôtres.

La première exposition, «Simulacres», s’enquiert de notre appréhension du réel et de la réinterprétation que nous faisons de celui-ci, comme une réabstraction du monde. La seconde, «Relativités», investit la perception de l’espace et ses ricochets sur notre perception du temps, physique d’une part, psychologique de l’autre.

L’ultime volet, «Entropies», sonde les effets du temps sur le déploiement de l’espace, leurs manifestations et leurs conséquences.
Ajoutons qu’il nous a été primordial de montrer, dans chacune de ces expositions, des jeunes ou très jeunes artistes, exposés aux côtés d’artistes con rmées, et de les soutenir de l’origine au terme de leurs projets. Également, deux œuvres produites spécialement parcourent les trois expositions.

Revue de presse du cycle

Autour des expositions

Tables rondes et rencontres
 
Table ronde « Les lieux de l’œuvre »
Rencontre le 18 mars 2016


Comment les artistes redé nissent-ils aujourd’hui la notion d’espace ?
Discussion autour des espaces et matérialités que les œuvres investissent à la frontière de nos mondes physiques, ainsi que sur les questions critiques soulevées par les artistes à l’égard de la notion de simulacre.
Table ronde modérée par Thierry Fournier, artiste, curateur et responsable du groupe de recherche Displays, EnsadLab/PSL.
En présence de Marion Zilio, docteur en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts de l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, membre du labo AIAC (Art des Images et Art Contemporain), ra achée au labex Arts-H2H et membre C-E-A/Commissaires d’exposition associés, et des commissaires Marie Koch et Vladimir Demoule.
 

Enregistrement sonore : « Les lieux de l’œuvre » 

 

 

Rencontre et discussion avec Alain Damasio et Floriane Pochon
Lundi 23 mai 2016 à 18 h 30

Lecture et débat autour de leurs derniers travaux et de la balade sonore Mare Perchée. À la librairie Folies d’encre

 


Table ronde « Mémoires et temporalités »
Rencontre le 17 juin 2016


Discussion autour de l’expérience relative du temps et ses supports d’enregistrement qui, réunis, forment la mémoire collective d’une époque. Une représentation globale du monde à un instant, que les artistes évoquent, reprennent et transforment pour en saisir les enjeux.
Table ronde modérée par Thierry Fournier, artiste, curateur et responsable du groupe de recherche Displays, EnsadLab/PSL.
En présence de J. Emil Sennewald, critique d’art, enseignant, journaliste et membre d’Aica France, et des commissaires Marie Koch et Vladimir Demoule.
 
Enregistrement sonore : « Mémoires et temporalités » 

 
 

Table ronde « Entropies »
Rencontre le 11 octobre 2016


Quelles seraient aujourd’hui les formes associées à la notion de perte de contrôle ?
Table ronde modérée par Thierry Fournier, artiste, curateur et responsable du groupe de recherche Displays, EnsadLab/PSL.
En présence d’Ingrid Luquet-Gad, journaliste et critique d’art, et des commissaires Vladimir Demoule et Marie Koch.
 
Enregistrement sonore : « Entropies »

 

 

 

Hors les murs

« Phi », un projet d’Edouard Sufrin
de janvier à décembre 2016

Phi, Édouard Sufrin, 2015 - 2016

Boîtier lumineux, sonore et interactif, matériaux divers, 12 x 8 x 5,5 cm
Production : la Maison populaire
Ft. Alain Badiou, Gaston Bachelard, Jean Baudrillard, Benjamin Bayart, Pierre Bourdieu, Guy Debord, Gilles Deleuze, Jacques Ellul, Michel Foucault, Vladimir Jankélévitch, Bruno Latour, Quentin Meillassoux, Jean-Paul Sartre, Michel Serres, Bernard Stiegler, [...]

Le projet Phi propose de donner accès à des pensées. Délivrés par de petits boitiers, les messages de philosophes, penseurs et chercheurs tenteront de donner des pistes pour repenser la place de la philosophie dans le contexte actuel.
Initialement composée de 128 échantillons, la base de données de ce projet évolutif viendra progressivement s’enrichir d’extraits choisis pour entrer en résonance avec les étapes de « Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard ».


Quatre boîtiers sont exposés dans la ville de Montreuil pendant l’année 2016.
 - Au centre d’art contemporain de la Maison populaire
9, bis rue Dombasle
- À la bibliothèque Robert-Desnos
14, boulevard Rouget de Lisle
- Au Centre de Documentation et d’Information (CDI) du lycée Jean Jaurès 
1, rue Dombasle
- À la Librairie Folies d’encre 
9, avenue de la Résistance

 

Dans le cadre de Nuit Blanche 2016, le samedi 1er octobre de 21 h à 5 h
diffusion de l’œuvre sonore Phi réalisée par Édouard Sufrin et produite par La Maison populaire. Diffusion dans le programme Floating ON AIR. Une radio pour Nuit Blanche 2016, organisé par TRAM Réseau art contemporain Paris Île-de-France, et d.c.a/ Association française de développement des centres d’art contemporain en collaboration avec les Beaux-Arts de Paris - Pôle numérique (Radio BAL) et ∏-node.

 

 

Mare perchée (Fiction sonore)
de janvier à décembre 2016

Balade sonore dans Montreuil dans le cadre du cycle d’expositions « Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard » curaté par Marie Koch & Vladimir Demoule.
Fiction sonore dans Montreuil imaginée par Floriane Pochon & Alain Damasio
Avec les voix de : Alain Damasio, Floriane Pochon, Christophe Rault et la participation de Clément Baudet.

« Montreuil, Parc des Beaumonts. Les troncs frileux emmitouflés dans un fourreau de feuilles. Les lianes et le lierre parasite. La mare perchée. Le légo gris blanc de l’est parisien vu à travers les doigts mal écartés des branches… Qu’est-ce que vous perdez quand vous perdez votre temps ?
Phaune Radio vous prend par « l’âme-main » pour mieux vous envoyer promener dans cet espace naturel sensible, très sensible. Temps volés et effractions de secondes pour une balade face à la ville — et à son émancipation possible. »

 

Fiction sonore

Carte de la balade sonore

Performances et workshop
 
Perfomance « The LP Collection, les trésors cachés de la musique underground »
Mardi 12 janvier 2016 à partir de 20 h
 
Conférence / performance lors du vernissage de l’exposition « Comment bâtir un univers qui ne s’effondre deux jours plus tard 1/3 : Simulacres », réalisée par The LP Company (Laurent Schlittler & Patrick Claudet)
Soucieux de transmettre les principes et les enjeux de la méthode créative qu’ils ont mis au point sous l’enseigne « IMAGINATION IS MUSIC », Laurent Schlittler & Patrick Claudet proposent des conférences-performances. Celles-ci s’appuient sur des images projetées, de la musique diffusée et la présentation d’objets.
 
 
Atelier « WJ-S : faire déborder le réseau de sa toile »
Du lundi 1er au vendredi 5 février 2016
 
Workshop dans le cadre de l’exposition « Comment bâtir un univers qui ne s’effondre deux jours plus tard 1/3 : Simulacres »
Accompagnés par Marie Koch commissaire d’exposition et collaboratrice de la créatrice du projet WEBJAYS : Anne Roquigny, les participants (geeks, artistes, étudiants, DJ’s ou bien toute personne passionnée par la création numérique et le réseau ou Internet) vont partager une expérience unique : réaliser un set à partir de contenus web.
 
 
Perfomances « WEBJAYS »
Vendredi 5 février 2016 de 20 h à 22 h
 
En présence d’Anne Roquigny, avec la participation de Annabelle Ameline, Louis Castel & Aurèle Castel, Pierre-Jean Lebassacq, Matthias Pasquet et Miyö Van Stenis.
Des artistes du cycle d’expositions « Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard » et les participants à l’atelier WJ-S proposent une série de performances de WebJaying, des lives conçus à partir de contenus en ligne manipulés directement à partir du disque dur géant qu’est Internet. Le dispositif WEBJAYS inventé par Anne Roquigny, curatrice nouveaux médias, transforme le “surf”, une activité individuelle, en une expérience partagée et collective, où le spectateur est convié.
 
 
Performance-conférence « Pas du tout satisfait, plutôt satisfait, tout à fait satisfait »
Vendredi 25 novembre 2016 à 20h
 
Perfomance réalisée dans le cadre de la résidence de Magali Desbazeille.
Grâce à la performance Pas du tout satisfait, plutôt satisfait, tout à fait satisfait , vous allez enfin tout savoir sur la quantification du ressenti dans nos grandes institutions ! Comment l’ONU, Eurostat, l’INSEE, l’OCDE mesurent notre moral, notre satisfaction, notre bonheur et même le sens que nous donnons à nos vies ? La performeuse ausculte tous ces documents depuis son bureau-tapis-de-marche car pour être heureux et en bonne santé, il faut marcher !
Mais au fait : à qui et à quoi ça sert ? Car derrière une apparente absurdité, n’oublions pas que « Tout ce qui n’est pas compté, finit par ne plus compter » comme l’affirme Florence Jany-Catrice (économiste).

 
 
Installation performative / immersion sensorielle / perception réflexive « Quelques mots sur Rudolf Clausius »
Vendredi 25 novembre 2016 à 21 h
 
Par le collectif Miracle


Cette théorie, appelée « significatogenèse » a été inventée par Mario Amehou, puis développée par Benjamin Efrati.
L’entropie semble être une forme d’harmonie arbitraire. Rudolf Clausius, c’est l’homme de science qui transforme la thermodynamique en inventant le concept d’entropie. Grâce à une installation performative, le collectif Miracle vous démontrera que l’entropie est un concept de théologie naturelle, berceau de la science du 19e siècle, selon laquelle l’entropie, c’est le chaos divin.
Le collectif Miracle est un groupe d’artistes qui fondent leur collaboration sur une théorie irrationnelle-neurologique de la perception et de la création. Le groupe s’est formé dès 2006 entre Lyon, Bruxelles, Genève, et Budapest.
 
Vidéos de la performance : 1/7 - 2/7 - 3/7 - 4/7 - 5/7 - 6/7 - 7/7
Enregistrement sonore